Paludisme, le tueur de pauvres

January 8th, 2009
  • Paludisme, le tueur de pauvres


    Mauvais air (mala aria) pour les Italiens, maladie des marais (en latin palus), depuis plusieurs dizaines de milliers d'années, le paludisme accompagne l'homme.

    Il fut un temps où cette maladie, due à un parasite transmis par une piqûre de moustique, sévissait en Europe de l'Ouest, son territoire d'extension remontant même jusqu'au sud de la Finlande. Au début des années 1930, elle frappait encore dans le Marais poitevin et en Camargue, et n'aura été éradiquée de Corse qu'en 1944. L'affection a aujourd'hui disparu d'Europe de l'Ouest, hors cas importés, mais continue ses ravages ailleurs.


    L'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère qu'"environ 40 % de la population mondiale, essentiellement dans les pays les plus pauvres du monde, sont exposés au paludisme. Chaque année, plus de 500 millions de personnes en sont gravement atteintes." Les évaluations officielles du nombre de décès dus à ce mal fluctuent entre 1 et 3 millions de morts par an. Une certitude : ces décès touchent principalement l'Afrique subsaharienne et concernent avant tout des enfants de moins de 5 ans.

    En 2003, les agences des Nations unies estimaient que la maladie tuait plus de 3 000 enfants par jour, sans parler des séquelles (anémie, troubles neurologiques…) chez les survivants.

    A cet impact humain s'ajoute un fardeau économique : les pays à forte transmission perdent 1,3 % par an de croissance économique, selon l'OMS. Cumulée sur plusieurs années, cette perte diminue substantiellement le PIB et accroît les difficultés de la population à accéder aux moyens de prévention et de traitement du paludisme. Pour la Banque mondiale, l'Afrique perd chaque année 12 milliards de dollars en coûts directs et perte de productivité du fait du paludisme. Vie scolaire perturbée, absentéisme au travail, les plus pauvres et les plus marginaux sont encore appauvris. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme cite une étude selon laquelle, dans les pays en développement, les 20 % des habitants les plus pauvres ont 2,5 fois moins de chance d'accéder aux soins de base que les 20 % de la tranche située juste au-dessus d'eux. Dans certains pays où il est présent à l'état endémique, le paludisme représente à lui seul "jusqu'à 40 % des dépenses de santé publique, 30 à 50 % des hospitalisations", toujours selon l'OMS. De plus, la zone des pays de forte endémie de paludisme recoupe largement celle où sévit l'épidémie de sida.

    INFECTION ET SOUS-DÉVELOPPEMENT

    Qui est responsable du paludisme ? Un parasite, le plasmodium, qui gagne le foie et détruit les globules rouges; un insecte, l'anophèle, moustique dont la femelle transmet le plasmodium lorsqu'elle pique un humain; la pauvreté, qui fait le lit de la maladie en créant des conditions propices à la reproduction du parasite, sans oublier les conditions climatiques (saison des pluies) qui favorisent le déclenchement d'épidémies. Dans cette maladie, infection et sous-développement sont intimement liés.

    Le paludisme n'a pourtant rien d'une fatalité. Le faire reculer suppose de développer la prévention de l'infection, de mieux traiter les malades, en attendant la mise au point d'un vaccin. Dès sa création, en 1948, l'OMS faisait de la lutte contre le paludisme l'une de ses priorités.

    Des tentatives d'éradication par pulvérisation à tout-va d'insecticides, notamment de DDT, ont échoué du fait de leurs conséquences sur l'agriculture et de l'apparition de moustiques résistants aux produits utilisés. Des campagnes mieux contrôlées sont de nouveau entreprises dans certains pays comme le Mozambique. Les institutions engagées dans la lutte contre le paludisme mettent l'accent sur la prévention par l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide, qui se sont montrées efficaces pour réduire de près de 20 % la mortalité infantile et protéger les femmes enceintes, particulièrement vulnérables à cette maladie. D'autant qu'il existe actuellement des moustiquaires avec un insecticide à longue durée d'action : jusqu'à cinq ans sans renouveler l'imprégnation. Au cours des dix dernières années, 150 millions de moustiquaires ont été distribuées dans le monde par le partenariat international Roll Back Malaria (Faire reculer le paludisme).

    Pour couvrir les besoins de la population à risque dans la seule Afrique subsaharienne, il en faudrait encore autant.

    Un test diagnostique rapide est devenu disponible au début des années 2000. Sur le plan des médicaments, l'apparition de résistances de plus en plus nombreuses aux antipaludéens classiques avait entraîné un rebond spectaculaire du nombre de cas et de décès par rapport aux années 1970. Heureusement, une solution thérapeutique est apparue avec les combinaisons médicamenteuses à base d'artémisinine ("ACT" en anglais), dérivée de l'armoise et traditionnellement utilisée en médecine chinoise. La fondation Drugs for Neglected Diseases initiative (DNDi), créée notamment par Médecins sans frontières et l'Institut Pasteur, a développé des collaborations avec l'industriel Sanofi-Aventis pour mettre sur le marché, à prix coûtant et sans brevet, deux formules d'ACT. Par ailleurs, les recherches ont progressé et plusieurs candidats vaccins sont en cours d'expérimentation.

    "NOUS AVONS LES OUTILS EN MAIN"

    Plusieurs pays touchés par le paludisme ont vu les bénéfices d'une politique globale de lutte contre la maladie. "C'est le cas de l'Ethiopie, qui a distribué 20 millions de moustiquaires imprégnées de 2003 à 2007, multiplié par cinq la diffusion des ACT entre 2004 et 2007 et a enregistré une diminution de 51 % de la mortalité chez les enfants de moins de 5 ans", cite Michèle Barzach, présidente des Amis du Fonds mondial Europe. Tous ces progrès n'ont été possibles qu'en coordonnant les acteurs au niveau international et en renforçant le financement de la lutte contre le paludisme. Toute nouvelle avancée suppose de redoubler d'efforts. Le Fonds mondial a donné une impulsion nouvelle. Depuis sa naissance, il a contribué à financer 109 millions de moustiquaires, devenant ainsi "le principal financier de moustiquaires imprégnées
    d'insecticide dans le monde", rappelle Michèle Barzach. Il permet également de fournir 264 millions de polythérapies à base d'artémisinine. Cependant, au rythme actuel, il semble difficile d'atteindre les objectifs
    fixés par les chefs d'Etat africains, réunis en sommet en 2000 à Abuja (Nigeria), de réduire de moitié le poids du paludisme d'ici à 2010. Tout autant que l'échéance retenue parmi les objectifs du Millénaire pour le développement établis par les Nations unies pour d'ici à 2015 avoir maîtrisé le paludisme et d'autres maladies graves et commencer à inverser la tendance actuelle."Nous avons les outils en main. Avec un effort de coordination et de volonté international, nous pouvons contrôler le paludisme. Par sa position parmi les tout premiers contributeurs financiers et la présidence de l'Union européenne qu'elle assume actuellement, la France occupe une place décisive dans cette mobilisation, qui doit réunir le secteur public et le secteur privé", affirme Michèle Barzach. La mobilisation internationale est donc cruciale. Le temps joue contre les malades et les personnes exposées au paludisme.
    Paul Benkimoun

    http://abonnes.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/09/05/paludisme-le-tueur-de-pauvres_1090893_1004868.html


  • L'OMS dit que le fardeau global de la malaria est énorme


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    LAGOS, septembre 21 (Xinhua)-- Un nouveau rapport libéré par l'organisation mondiale de la santé (OMS) samedi dans Abuja, le capital du Nigéria, a indiqué que le fardeau global de la malaria demeure énorme.


    Le rapport a noté cet accès aux interventions de commande de malaria, particulièrement filets de lit en Afrique, accrue brusquement entre 2004 et 2006, selon l'agence de presse du Nigéria dimanche.

    Le rapport a cité l'OMS comme disant que les augmentations dramatiques du placement et de l'élan intense vers réduire la malaria chargent ces dernières années, il y a un plus grand besoin d'information fiable et d'analyse.

    Il a indiqué que le rapport commence à répondre à ce besoin.
    Le rapport 2008, qui de malaria du monde d'OMS utilise des données s'est rassemblé par 2006, a estimé le nombre de cas de malaria en 2006 pour être 247 millions.

    Le rapport a indiqué qu'il reste de loin le le plus susceptible mourir de petits enfants de la maladie.

    Les décès de malaria ont diminué dans plusieurs pays, et quelques nations en Afrique sont parvenues à couper les décès de malaria dans la moitié en suivant des mesures recommandées.

    Le rapport a indiqué que les augmentations récentes du placement de malaria commençaient à traduire à l'assurance des interventions principales de malaria, particulièrement filets de lit.

    Le pourcentage des enfants protégés par les filets insecticide-traités a augmenté presque huit fois, de 3 en 2001 à 23 pour cent dans les 18 pays africains avec des aperçus en 2006, le rapport a indiqué.

    La « fourniture des médecines antimalariques également a augmenté brusquement entre 2001 et 2006 ; approximativement 100 millions de personnes ont été protégées par la pulvérisation d'intérieur de l'insecticide, y compris 22 millions en Afrique, » le rapport a indiqué.
    Le rapport a noté que beaucoup plus de travail est resté à effectuer, ajoutant qu'en Afrique, les filets de lit ont protégé seulement 125 millions de personnes en 2007, alors que 650 millions sont en danger.



    Rédacteur : Sun



    http://rss.xinhuanet.com/newsc/english/2008-09/21/content_10087546.htm


  • Le paludisme a tué un million de personnes dans le monde en 2006, selon l'OMS

    Il y a 2 jours
    GENEVE (AFP) — Le paludisme a tué près d'un million de personnes dans le monde en 2006, les enfants de moins de cinq ans et l'Afrique payant le plus lourd tribut, a indiqué jeudi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

    "On estime à 247 millions le nombre d'épisodes de paludisme sur une population à risque de 3,3 milliards de personnes, causant près d'un million de morts, dont la plupart sont des enfants en dessous de cinq ans", a expliqué l'OMS dans son Rapport annuel sur le Paludisme.

    La maladie est endémique dans 109 pays en 2008, dont près de la moitié se trouvent en Afrique, selon le rapport.
    Un bon nombre de pays n'a toujours pas les moyens de lutter contre la maladie et l'accès aux traitements reste insuffisant dans tous les pays étudiés en dépit d'une meilleure production de médicaments de lutte contre la maladie par les services médicaux nationaux, relève encore le rapport.

    Toutefois, des progrès ont été accomplis ces deux dernières années, depuis la collecte des données publiées dans le rapport, a tempéré la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan.

    "Je suis personnellement sûre que nous aurons des nouvelles encore meilleures l'année prochaine. La tendance (à l'amélioration, ndlr) se poursuit actuellement", a-t-elle ajouté.

    La directrice de l'OMS a par ailleurs appelé les industries pharmaceutiques à augmenter la recherche et le développement dans les nouvelles thérapies basées sur l'artemisinine (ACT), alors que l'OMS a commencé à relever des cas de résistance à ces traitements qu'elle recommande.

    "Il ne nous reste pratiquement plus que l'artemisinine comme médicament efficace car les patients ont développé des résistances à des niveaux différents aux anciens traitements contre le paludisme", a encore expliqué Mme Chan.

    Et maintenant, "nous commençons à avoir des échos de résistance à l'artemisinine. Nous travaillons avec nos partenaires (...) pour tenter de comprendre exactement ce qui se passe sur le terrain", a-t-elle indiqué.

    Par ailleurs, le rapport souligne qu'en 2006, la plupart des pays africains ont été loin d'atteindre l'objectif de couverture de 80% de la population pour les quatre principaux éléments de lutte contre la pandémie -- moustiquaires imprégnées d'insecticide, médicaments, pulvérisation intradomiciliaire et traitement préventif pendant la grossesses -- mis en place par l'OMS en 2005.

    Seulement 26% des personnes dans 37 pays africains ont ainsi reçu des moustiquaires imprégnées d'insecticide en quantité suffisante pour être protégées, selon l'OMS.
    Quelque 80% des cas recensés en Afrique étaient concentrés dans 13 pays en 2006. Plus de la moitié ont été enregistrés au Nigeria, dans la République démocratique du Congo (RDC), en Ethiopie, au Kenya et en Tanzanie, a ajouté l'agence de l'ONU.

    Le paludisme est dû à un parasite transmis par un moustique, l'anophèle femelle. Il coûte un point de pourcentage de croissance par an au pays les plus affectés.



    http://afp.google.com/article/ALeqM5g6QmdG5kXN3XwO9ehgib0oylWiDQ


  • Encore 109 pays impaludés, dont 45 en Afrique

    97 % des enfants n'ont pas accès aux ACT

    Selon le rapport 2008 sur le paludisme publié par l'OMS (Organisation mondiale de la santé), la charge mondiale du paludisme reste énorme. Toutefois, l'accès aux interventions de la lutte antipaludique s'est fortement améliorée entre 2004 et 2006.

    http://www.quotimed.com/DocumentRoot/qdm/Iss14692/Pag116267/Img339084.jpg (http://www.quotimed.com/DocumentRoot/qdm/Iss14692/Pag116267/F_Img339084.jpg) Au Bénin, une fillette atteinte de neuropaludisme(OMS/B. CARPENTIER)

    LE NOUVEAU rapport sur le paludisme dans le monde publié par l'OMS fait le point sur la situation entre 2004 et 2006. Il se fonde sur des données issues de la surveillance systématique réalisée dans une centaine de pays d'endémie et sur les enquêtes menées auprès des ménages dans quelque vingt-cinq pays, principalement en Afrique. «Comme le paludisme n'est pas diagnostiqué avec certitude dans la plupart des pays de prévalence, les données fiables manquent», souligne l'OMS, qui a dû avoir recours à des estimations en fonction de méthodes variables d'une région, voire d'un pays, à l'autre.
    Selon ces nouvelles méthodes de calcul, le nombre de cas de paludisme survenus en 2006 est estimé à 247 millions, dont près de 1 million de cas mortels, pour la plupart chez les enfants de moins de 5 ans. En juillet 2008, 109 pays, dont 45 en Afrique, sont toujours impaludés. «En janvier 2007, les Émirats arabes unis ont été le premier ancien pays d'endémie à être certifié exempt de paludisme par l'OMS depuis les années 1980», note le rapport. Cela porte le nombre total de pays et territoires sans palu à 92.
    L'arsenal des moyens de lutte contre la maladie comporte désormais les moustiquaires à imprégnation durable, les associations médicamenteuses à base d'artémisinine (ACT), la pulvérisation intradomiciliaire à effet rémanent et le traitement préventif intermittent pendant la grossesse. Reste que leur diffusion n'est pas encore optimale. Les quantités de moustiquaires disponibles ont augmenté en 2006, mais étaient encore bien inférieures aux besoins : seulement 125 millions de personnes en Afrique étaient protégés sur les 650 millions de personnes exposées. Seulement 3 % des enfants qui en ont besoin ont accès aux ACT alors que le pourcentage de femmes qui ont bénéficié d'un traitement préventif pendant leur grossesse n'est que de 18 %. La couverture en pulvérisation intradomiciliaire n'est suffisante pour protéger 70 % de la population que dans 5 pays.




    Les premiers résultats. La charge du paludisme reste élevée. Cependant, «l'augmentation récente des financements a commencé à se traduire en 2006 par une extension de la couverture des interventions essentielles, notamment les moustiquaires», assure l'OMS. Pour la première fois, 3 pays africains ont signalé une baisse spectaculaire, d'au moins 50 % du nombre de décès par paludisme à l'échelle nationale : l'Érythrée, le Rwanda et Sao Tomé-et-Principe. Six autres pays ont observé une baisse du nombre de décès : le Cambodge, les Philippines, le Laos, le Surinam, la Thaïlande et le Vietnam. Un impact positif plutôt rassurant quant à l'efficacité des interventions antipaludiques et des investissements, internationaux en Afrique et majoritairement nationaux pour les autres régions, et qu'il «faut maintenant étendre à l'ensemble de l'Afrique et au reste du monde», a conclu Ray Chambers, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le paludisme.

    > Dr L. A.

    Le Quotidien du Médecin du : 19/09/2008


    http://www.quotimed.com/journal/index.cfm?fuseaction=viewarticle&DartIdx=415636






    (http://www.quotimed.com/Tools/viewPDF.cfm?DARTIdx=415636&DAFAIdx=249388)








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